CHAPITRE II
Les recherches précédentes du mode de translation de la graine n’ont pas confirmEl’identification proposée par Smylie (1992) E partir du spectre produit de quatre enregistrements de gravimètres cryogéniques, puis renouvelée par Courtier et al. (2000), grâce El’analyse multi Estation de cinq enregistrements de gravimètres supraconducteurs échantillonnés Eune heure. En outre, l’analyse d’un point de vue théorique a conclu Eune incompatibilitEentre les valeurs prédites et celles déduites de ces observations (Rieutord, 2002).
La difficultEde la détection du triplet de Slichter réside essentiellement dans le fait que son amplitude Ela surface est certainement très faible (inférieure E10-2 nm/s²). Elle dépend fortement du processus d’excitation.
La réponse en déplacement s d’une Terre anélastique non rotative, Eune fonction source, ponctuelle et instantanée, de tenseur du moment M située Ela position xs s’écrit :
,
avec Mij les composantes du tenseur du moment sismique, eijm le tenseur des déformations, sm la fonction propre du singlet m, wm la fréquence propre correspondante et gm le taux d’amortissement du mode. Supposons qu’un séisme puisse exciter la translation de la graine. Le déplacement induit en surface pour ce mode de Slichter serait alors négligeable, pour au moins deux raisons : (1) la fonction propre sm du mode de Slichter est très petite en surface ; (2) la déformation eijm déduite de sm est aussi très faible.
En dehors de l’excitation sismique très faible, il est impossible de savoir si la graine est excitée seulement de temps en temps, et dans ce cas, si son mouvement est vite amorti, l’observation en surface paraû‘ peu probable, ou si l’excitation est régulièrement entretenue, ce qui faciliterait son identification en surface.
Nous effectuons, dans ce chapitre, différentes recherches basées sur les méthodes présentées dans la partie précédente, en supposant que l’effet en gravitE Ela surface terrestre, de l’oscillation de la graine est détectable par les gravimètres supraconducteurs. On fait également l’hypothèse que la représentation physique du mode de Slichter est un triplet d’oscillations harmoniques amorties. De plus, nous considérons des données échantillonnées Eune minute afin de couvrir entièrement la bande de périodes comprises entre 3 h et 7 h, dans laquelle est supposEse trouver le triplet de Slichter (Se référer Ela première partie de ce mémoire, chapitre II).
La recherche des modes de Slichter a fait l’objet d’une publication insérée Ela fin de cet ouvrage.
Les données enregistrées en continu depuis 1997 pour la majoritEdes stations GGP sont souvent sujettes Edes problèmes liés au système d’acquisition ou Edes interventions extérieures (remplissages d’hélium, violents orages, etc.). Ces problèmes peuvent prendre la forme de sauts dans l’enregistrement d’amplitude de plusieurs centaines de nm/s², de trous ou de pics. Les codas principales des séismes peuvent également être gênantes pour l’étude des modes propres sub-sismiques. Un nettoyage des enregistrements des différentes stations a donc étEréalisEsur les données une minute pour les années 1998, 1999, 2000 et 2001. Les pics et les trous ont étE remplacés par une interpolation linéaire sur la pression et sur les résidus pour des signaux de gravitEobtenus après soustraction d’une marée synthétique. La marée retirée est réinjectée dans les résidus après correction des perturbations ‘non géophysiquesE
Il est important de noter que ce prétraitement des données est fortement subjectif et que le degrEde correction dépend de l’étude que l’on souhaite faire. Dans le cas de l’étude de modes très longue période, comme les marées ou la nutation libre du noyau, les données sont corrigées de toutes les perturbations hautes fréquences et en particulier des séismes. Dans le cas de la recherche des modes sismiques et sub-sismiques, tels que le triplet de Slichter, il est important de ne pas supprimer les oscillations rapides qui peuvent être du signal.
Après nettoyage des données, nous avons calculEdes résidus gravimétriques par analyse avec le logiciel ETERNA (Wenzel, 1996) qui effectue un ajustement par moindres carrés des marées, de la pression atmosphérique locale via une admittance barométrique et de la dérive instrumentale, pour chaque station. Les résidus ainsi obtenus peuvent alors être sommés, scannés et analysés en ondelettes.
Dans la suite, les spectres de Fourier ont étE calculés après application d’une fenêtre d’apodisation de Hanning et padding des données, puis le spectre d’amplitude est normalisEpar la longueur du signal.
Un exemple de résidus de gravitEet de variations de pression atmosphérique enregistrés Ela station Cantley est représentEsur la figure (II. 1). Les spectres d’amplitude de ces données sont dessinés sur la figure (II. 2) respectivement (a) pour les variations de pression atmosphérique et (b) pour les résidus de gravitE Les ondes thermiques (S1 et ses harmoniques) S1, S2, S3, S4, S5 et S7 ressortent nettement sur le spectre de la pression. Comme on corrige la gravitEdes effets atmosphériques, via une admittance barométrique, ces ondes thermiques se retrouvent en partie sur le spectre des résidus de gravitE(Fig. II. 2 b).
En effet, l’atmosphère se caractérise, en plus du continuum météorologique, par des ondes thermiques provenant des variations de l’ensoleillement : de périodes annuelle (Sa) et diurne (S1) essentiellement. Elles présentent des modulations (annuelles, semi - annuelles, pour S1) et des harmoniques (S2, S3, etc. pour S1, Ssa essentiellement pour Sa) au sens de Fourier. Ces ondes se caractérisent par de grandes longueurs d’onde spatiale, typiquement de degrés 1 et 3 (Haurwitz et Cowley, 1973).
La longueur d’onde spatiale est définie en fonction du degrEd’harmonique sphérique n par l(n) = 2pa/n, avec a le rayon terrestre moyen. La correction de l’effet atmosphérique local en utilisant une admittance barométrique ne permet pas de s’affranchir des grandes longueurs d’onde spatiale de l’atmosphère, c’est pourquoi S1 et ses harmoniques sont encore fortement présentes dans nos données.
Pour réduire l’effet des ondes thermiques, S1 et ses harmoniques, il est nécessaire d’utiliser un modèle atmosphérique global. Cependant, les modèles d’atmosphère actuels sont limités en pas d’échantillonnage (3 h pour le modèle ECMWF, European Centre for Medium-Range Weather Forecasts) et ne modélisent pas correctement les ondes S1 et ses harmoniques. Des modèles doivent donc être développés et, dans le cadre de la recherche des modes sub-sismiques, avec un pas d’échantillonnage d’une heure au plus.
Remarque : La fonction de transfert entre l’accélération du sol et la pression atmosphérique locale n’est pas constante, elle dépend de la période étudiée (variations saisonnières) et de la fréquence (Crossley et al., 1995). Ainsi, Edéfaut de pouvoir modéliser l’atmosphère, on aurait pu utiliser une admittance barométrique dépendant de la fréquence. Le rapport signal sur bruit aurait étE ainsi légèrement améliorEdans certaines bandes de fréquences.
Fig.
II. 1 Exemple
de données Ela station Cantley sur l’année 2001. Le graphe du haut correspond
aux variations de pression atmosphérique locale en hPa. Celui du bas représente
les résidus, après analyse ETERNA, des variations temporelles de la gravitEen
nm/s².
Les fréquences prédites des ondes de marées dans les bandes quart-, cinq- et six- diurnes sont indiquées sur l’ensemble des spectres d’amplitude et des spectres produits afin d’éviter des erreurs d’interprétation de pics spectraux. Le fait qu’il reste des ondes de marées provient en partie du fait que l’ajustement de modèles de marées via ETERNA n’est pas complet. En effet, pour un groupe d’ondes dans une bande de fréquences, on cherche E ajuster différentes sinusoEes de même fréquence mais d’amplitude et de phase différentes. Cet ajustement ne peut pas être réalisEE100%. A une même fréquence quart-, cinq- ou six- diurne correspondent Ela fois des ondes de marées solides et des ondes de marées non Elinéaires, qui proviennent des interactions (frottements des océans sur le fond et advection) entre les principales ondes de marées semi Ediurnes (M2, S2 et N2) sur les différents plateaux continentaux. Les fréquences de ces ondes sont indiquées sur les figures (II. 3) et (II. 4).
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Fig. II. 2 Spectres d’amplitude normalisés des variations temporelles (a) de pression atmosphérique locale et (b) de gravitE résiduelle, enregistrées Ela station Cantley sur l’année 2001. Les traits pointillés verticaux indiquent les fréquences de l’onde diurne S1 et de ses harmoniques de S2 ES8.
Les premières analyses ont étEeffectuées sur des données 1 min de l’année 2001 des résidus de gravitEaux stations Cantley, Canberra, Matsushiro, Strasbourg et Sutherland dont le spectre produit des trois séquences résultant de l’analyse multi Estation (Courtier et al., 2000) est représentEsur la figure (II. 4). Les spectres d’amplitude des séquences prograde, axiale et rétrograde sont représentés sur la figure (II. 3). Les valeurs identifiées par Smylie (1992) comme étant les fréquences du mode de Slichter sont indiquées par les segments verticaux rouges. En traits pointillés bleus, nous avons indiquEles principales ondes de marée six-, cinq- et quart- diurnes, et en tirets pointillés magenta, les harmoniques de l’onde thermique S1 (de S3 ES6).

Fig.
II. 3 Spectres d’amplitude normalisés des séquences prograde, axiale et rétrograde,
issues de l’analyse multi - station sur les données 1 min des résidus de
gravitEaux stations Cantley, Canberra, Matsushiro, Strasbourg et Sutherland.
Les valeurs identifiées par Smylie (1992) sont indiquées par les segments verticaux
rouges. En traits pointillés bleus, nous avons indiquEles principales ondes de
marée et en tirets pointillés magenta, les harmoniques de l’onde thermique S1
(de S3 ES6).
Sur le graphe du spectre produit (Fig. II. 4), les fréquences de Slichter prédites par Dahlen et
Sailor (1979) pour les modèles de Terre PREM et 1066A et calculées par Rieutord
(2002) pour le modèle BUSSE (Busse, 1974) sont indiquées. Les valeurs
identifiées par Smylie (1992) sont également tracées. Aucune identification de
triplet correspondant Eces fréquences n’est possible, Epart éventuellement
des pics qui semblent émerger Edes fréquences légèrement décalées de celles
prédites par Rieutord pour le modèle BUSSE.
La grande difficultEde l’analyse spectrale est d’identifier des pics qui peuvent être représentatifs de signaux par rapport aux pics spectraux qui ne sont que du bruit. Il faut donc faire intervenir d’autres outils statistiques, comme la recherche de résonances qui obéissent E une loi de splitting.

Fig.
II. 4 Spectre produit des séquences prograde,
axiale et rétrograde, issues de l’analyse multi - station sur les données 1 min
des résidus de gravitEaux stations Cantley, Canberra, Matsushiro, Strasbourg
et Sutherland. Les fréquences de Slichter prédites par Dahlen et Sailor (1979)
pour les modèles de Terre PREM et 1066A et calculées par Rieutord (2002) pour
le modèle BUSSE (Busse, 1974) sont indiquées. Les valeurs identifiées par Smylie
(1992) sont également pointées. En traits pointillés bleus, nous avons indiquE
les principales ondes de marée et en tirets- pointillés magenta, les harmoniques
de l’onde thermique S1 (de S3 ES8).
A partir du spectre produit obtenu précédemment, nous avons cherchEtrois résonances spectrales dont les fréquences obéissent Eune loi de splitting quadratique en l’ordre m. Nous avons utilisEtrois estimations différentes de paramètres de splitting : les valeurs prédites pour le modèle de Terre PREM, celles calculées pour le modèle 1066A et celles obtenues par Courtier et al. (2000) E partir du triplet qu’ils ont attribuEau mode de Slichter. Les trois résultats sont différents et les triplets détectés sont indiqués sur la figure (II. 5).
Les trois pics détectés par le scan qui respectent une loi de splitting pour le modèle de Terre 1066A (Gilbert et Dziewonski, 1975) émergent légèrement du bruit, au-dessus du niveau correspondant Edeux fois l’écart-type (Fig. II. 5 b), avec un rapport signal sur bruit d’environ deux. Ils ne correspondent Eaucune onde de marée connue, ni Eune modulation de l’onde thermique S1. Il s’agit du candidat le plus probable parmi les trois obtenus. Les périodes 3.6 h, 3.9 h et 4.2 h ainsi détectées sont très proches de celles observées par Smylie (1992) et Courtier et al. (2000), mais avec un écartement (splitting) différent, puisque basEsur un splitting sismologique dont les paramètres sont ceux du modèle de Terre 1066A. Ces trois pics spectraux ressortent nettement mieux que le triplet proposEpar Smylie (1992), indiquE sur la figure (II.5 b). Ce triplet de fréquences, s’il correspondait vraiment au triplet de Slichter, donnerait un saut de densitEEl’ICB de l’ordre de 1160 kg/m3 (équation I.1 de la première partie), ce qui est deux fois supérieur Ecelui du modèle PREM.
L’énergie spectrale du triplet que nous avons ainsi détectE est 4 fois supérieure au niveau d’énergie moyen des autres candidats, mais elle n’est que 1.5 fois plus élevée que l’énergie spectrale correspond au candidat possible suivant. Des analyses statistiques supplémentaires sont donc nécessaires pour confirmer la possibilitEque ce triplet de fréquences corresponde aux modes de translation de la graine.
Le mode axial détectEEpartir des valeurs de splitting observées par Courtier et al. (2000) ressort légèrement du bruit Ela période de 8.2 h mais cette fréquence est très proche de l’harmonique S3. Or, dans les résidus de gravitE ces harmoniques ont tendance ‘à s’étalerEen fréquence dans les spectres d’amplitude, c’est-Edire de nombreux pics apparaissent autour. De plus, l’énergie correspondant Ece triplet de fréquences détectEest très faiblement supérieure El’énergie moyenne du spectre.
Les méthodes spectrales que nous avons ainsi utilisées ne permettent pas de mettre en évidence le triplet de Slichter sans ambiguEE Ce qui nous amène Esouligner le caractère non stationnaire du mouvement de translation de la graine et donc El’utilisation d’outils plus adaptés tels que l’analyse multi Eéchelle en ondelettes.
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Fig. II. 5 Résultats de la recherche de triplets pour les modèles de Terre (a) PREM, (b) 1066A et (c) pour les valeurs observées par Courtier et al. (2000). Les traits pointillés verticaux indiquent les fréquences des ondes de marée et les tirets verticaux celles des harmoniques de l’onde diurne S1. Les tirets horizontaux correspondent au niveau de bruit moyen (médiane), E l’écart-type et Edeux fois l’écart-type dans le cas (b).
Compte tenu de la nature transitoire des modes de translation de la graine, l’analyse conjointe « temps Eéchelle » apparaû‘ comme l’outil privilégiEpour extraire, quantifier et, mettre en relation l’information liée aux modes de Slichter qui serait contenue dans les enregistrements des gravimètres supraconducteurs.
La recherche d’un triplet de translation dans les résidus de gravitEsuppose de détecter du signal cohérent entre des stations géographiquement susceptibles de détecter ce mouvement au même instant. Il faut donc rechercher sur les scalogrammes des analyses en ondelettes, les signaux présents Ecertaines stations au même moment. Le caractère global du mode de Slichter est important et surtout le fait qu’il s’agisse d’un mode de degrEun en harmoniques sphériques.
Dans un premier temps, nous calculons les transformées en
ondelettes « sinus amorti » des résidus de gravitEEchaque station,
et nous cherchons des signaux cohérents entre les stations. Un mouvement de degrEun observEen Europe
devra être visible au même instant aux antipodes. A l’antipode de l’Europe,
enfin presque, nous n’avons que les stations Syowa (Antarctique) jusqu’en décembre
2000, et Sutherland (Afrique du Sud) depuis mars 2000.
Une analyse en
ondelettes « sinus amorti » sur les résidus des variations
temporelles de gravitEen 1999 aux stations européennes (Bruxelles, Membach,
Strasbourg et Vienne) met en évidence l’effet atmosphérique liEEla tempête de
décembre 1999, qui a traversEl’Europe d’Ouest en Est. Sur les scalogrammes, E
Strasbourg par exemple, de la figure (II. 6), les modes atmosphériques liés E
la tempête ressortent nettement Edifférentes fréquences sub-sismiques (figure II. 6 a). Dans les résidus de gravitE corrigés de la pression locale, via une
admittance qui enlève l’essentiel de la tempête, un saut est visible vers t =
361.5 jour, générant du signal dans le scalogramme de la figure (II.6 b) E
différentes fréquences sub-sismiques. Ce qui est surprenant, c’est qu’au même
moment, Et = 361.5 jour, Ela station Syowa, du signal est détectEdans la
gravitE et pas dans la pression, par l’analyse en ondelettes. Un saut apparaû‘
également dans la gravitEEcet instant. Les scalogrammes correspondant sont
représentés sur la figure (II. 7). En particulier, on trouve du signal Eenviron
5.5 10-5 Hz (5 h), 6.5 10-5 (4.3 h) Hz et 7.5 10-5
Hz (3.7 h). Cette énergie dans le scalogramme est maximale au 363ème
jour de l’année 1999, soit le 29 décembre 1999. Malheureusement, Ecette époque,
Syowa est la seule station cryogénique au Sud de l’Europe en fonctionnement.
Aux autres stations mondiales, aucun signal n’est visible en décembre 1999. Le
nombre d’observations étant limitE il est difficile de dire s’il s’agit d’un
signal global ou d’une perturbation purement locale ESyowa qui survient par
hasard au même moment oEla tempête sévit en Europe.
Nous avons
également étudiEles scalogrammes après le séisme du Pérou du 23 juin 2001,
mais aucun signal cohérent ne ressort aux différentes stations : la
théorie avait prédit que les modes de Slichter ne pouvaient pas être
observables en surface après ce séisme.
Les analyses en
ondelettes « sinus amorti » révèlent toutes les perturbations
présentes dans les résidus. Il est alors difficile de distinguer un signal
géophysique global d’une perturbation purement locale, autrement qu’en
comparant avec les autres stations. Nous illustrons ce fait avec l’exemple d’un
léger saut détectEdans les résidus de gravitEEMembach, peu après le 51ème
jour de l’année 1999, ainsi qu’avec une excitation de fréquences ECanberra,
quelques jours après un séisme, en juillet 1999.
Un saut dans les résidus de Membach est détectEpar l’analyse en ondelette Et = 51,75 jour et d’amplitude environ 3 nm/s². Ce saut en gravitErésulte en des maxima d’amplitude du scalogramme sur de nombreuses fréquences (Fig. II. 8), en particulier près de 0.078 mHz. Cependant, ce saut n’est pas présent dans les données des autres stations européennes Bruxelles, Metsahovi, Strasbourg et Vienne. Par contre, l’analyse en ondelettes « sinus amorti » des résidus de gravitEEla station Matsushiro révèle du signal Ecette fréquence et Edes instants proches. Le scalogramme correspondant est représentEsur la figure (II. 9). L’harmonique S5 ressort nettement sur ce scalogramme. S6 et S7 semblent également visibles.
Nous n’avons pas détectEce « signal » aux autres stations. S’agit-il d’une perturbation locale de la gravitEou d’un signal global ? Cet exemple illustre la difficultEde l’interprétation d’un scalogramme quand le nombre des observations est limitE
Un séisme perturbe les variations temporelles de gravitE
enregistrées ECanberra au 199ème jour de l’année 1999. Quelques
jours après ce séisme, la transformée en ondelettes « sinus amorti »,
représentée sur la figure (II. 10), détecte de l’énergie Edes fréquences
sub-sismiques proches de 6.3 10-5 Hz, 7.5 10-5 Hz et 8 10-5
Hz. A environ 9.3 10-5 Hz, du signal est détectE mais Ecette
fréquence correspond l’harmonique S8.
Ces signaux, Ecette époque de l’année, n’ont pas étErepérés sur d’autres scalogrammes Ed’autres stations. Il s’agit certainement de perturbations locales de la gravitE

(b) Strasbourg,
1999, pression atmosphérique locale K
= 0.05

Fig. II. 6 Transformée en ondelettes « sinus amorti » (a) des résidus de gravitE (b) des variations de pression atmosphérique locale EStrasbourg sur l’année 1999. Zoom sur la période comprise entre les jours de l’année 358 et 365, et entre les fréquences 0.05 mHz et 0.1 mHz.
(a) Syowa,
1999, résidus de gravitE/u> K
= 0.05

(b) Syowa, 1999,
pression atmosphérique locale K
= 0.05

Fig. II. 7 Transformée en ondelettes « sinus amorti » (a) des résidus de gravitE (b) des variations de pression atmosphérique locale ESyowa sur l’année 1999. Zoom sur la période comprise entre les jours de l’année 358 et 365, et entre les fréquences 0.05 mHz et 0.1 mHz.

Fig. II. 8 Transformée en ondelettes « sinus amorti » des variations de gravitEEMembach sur l’année 1999. Agrandissement sur la période comprise entre les jours de l’année 51 et 57 et entre les fréquences 0.05 mHz et 0.1 mHz. Le paramètre K utilisEest de 0.05.

Fig. II. 9 Transformée en ondelettes « sinus amorti » des variations de gravitEEMatsushiro sur l’année 1999. Agrandissement sur la période comprise entre les jours 51 et 57 et entre les fréquences 0.05 mHz et 0.1 mHz. Le paramètre de l’ondelette utilisEa une valeur K = 0.05.

Fig.
II. 10 Transformée
en ondelettes « sinus amorti » des résidus de gravitEECanberra sur
l’année 1999. Agrandissement sur la période comprise entre les jours 199 et 205
et entre les fréquences 0.05 mHz et 0.1 mHz.
Nous avons analysEen ondelettes « sinus amorti » les séquences issues de l’analyse multi Estation des résidus de gravitEaux stations Cantley, Canberra, Matsushiro, Strasbourg et Sutherland déjEconsidérés au paragraphe II.2. Les scalogrammes correspondant sont représentés sur la figure (II. 11). Le paramètre de l’ondelette a étEfixEEK = 0.05, valeur qui semble appropriée Ela recherche de signaux dans cette bande de fréquence sub-sismique, en conséquence des tests synthétiques effectués dans le chapitre III de la troisième partie de ce travail de thèse. Sur le scalogramme correspondant Ela séquence axiale (Fig. II. 11 b), les harmoniques de l’onde thermique S1, S4 et S5 sont marquées par des lignes discontinues dans le temps de forte énergie. En comparant les scalogrammes des trois séquences, les seuls instants en commun avec de l’énergie, se situent entre les 60ème et 75ème jours de l’année 2001.
Nous avons donc zoomEles scalogrammes dans ce domaine temporel et représentés les agrandissements sur la figure (II. 12). Des signaux apparaissent Edifférentes fréquences, mais aucun n’apparaû‘ nettement comme pouvant correspondre Eune des trois composantes d’un triplet. Nous retrouvons du signal autour de la fréquence 7.5 10-5 Hz Edifférents instants de la séquence axiale et Eun instant commun (65ème jour de l’année 2001) aux séquences prograde et rétrograde (Fig. II. 12 a et c).


Fig.
II. 11 Transformées en ondelettes « sinus
amorti » des séquences (a) prograde, (b) axiale et (c) rétrograde issues
de l’analyse multi Estation appliquée aux données une minute sur l’année 2001
des stations Cantley, Canberra, Matsushiro, Strasbourg et Sutherland.
(a)
(b)


Fig. II. 12 Transformées en ondelettes « sinus amorti » des séquences (a) prograde, (b) axiale et (c) rétrograde issues de l’analyse multi Estation appliquée aux données une minute sur l’année 2001 des stations Cantley, Canberra, Matsushiro, Strasbourg et Sutherland. Agrandissement entre les 60ème et 75ème jour de l’année 2001 des scalogrammes de la figure (II. 11).
La méthode d’analyse multi - station, propre aux modes de degrEun, s’est avérée efficace dans la détection du mode propre sismique 2S1. Cette détection était plus aisée que celle du triplet de Slichter 1S1, car la fréquence de 2S1 était a priori connue. Nous avons donc tentEde mettre en valeur les modes de translation de la graine par cette même méthode, sur des enregistrements d’une année échantillonnés Eune minute, Ecinq stations équipées de gravimètres supraconducteurs Efaible niveau de bruit dans la bande sub-sismique. Les spectres d’amplitude n’ont pas mis en valeur de pics spectraux, autres que ceux des harmoniques de l’onde thermique diurne S1. La recherche de triplets, de fréquences correctement splittés, sur le spectre produit des séquences équatoriales et axiale issues de l’analyse multi Estation, a soulignEla présence de trois pics spectraux, qui respectent le splitting prédit par Dahlen et Sailor (1979) pour le modèle de Terre 1066A, Edes périodes proches de celles détectées par Smylie (1992), et avec des rapports signal sur bruit semblables, voire meilleurs. Cependant, d’autres recherches sont nécessaires sur d’autres années, avec d’autres combinaisons de données, et surtout avec d’autres méthodes.
Tout candidat repérEpar le scan, devrait se retrouver dans une analyse en ondelettes sur les mêmes séquences. Or, les transformées en ondelettes « sinus amorti » des séquences issues de la sommation adaptée aux modes de degrEun, révèlent bien des signaux, mais pas aux mêmes fréquences que celles détectées par le scan.
Les analyses en ondelettes « sinus amorti » révèlent toutes les petites perturbations dans le signal, qu’elles soient locales ou globales. La distinction entre les deux n’est possible qu’à l’aide d’un nombre suffisant d’observations aux mêmes instants et aux mêmes fréquences.
Les recherches du triplet de Slichter doivent être poursuivies sur l’ensemble des six années d’enregistrements des gravimètres supraconducteurs du réseau GGP.